Explication : Les chimiothérapies de type MINE (mitoguazone, ifosfamide, vinorelbine et etoposide) sont des chimiothérapies de rattrapage utilisées dans les maladies de Hodgkin en rechute ou en échec de traitement.
Leur but, dans mon cas, est bien évidemment de supprimer la tache de quelques millimètres qu'il reste dans mon poumon.
Le déroulement est simple, il s'agit de 6jrs non-stop à l'hôpital perfusée 24H/24.
Le plus difficile pour moi fut de rester autant de jours enfermée, sachant que l'on ne peut pas ouvrir les fenêtres !
Conséquences de ma cure de MINE :
J'ai eu beaucoup de bleus et de douleurs dans les creux des bras car j'y ai eu 2 prises de sang par jour puisque, comme à son habitude, mon porta cath ne voulait pas en donner. Enfin, ce n'est rien cela encore ! Car 2 jours après ma sortie, je suis revenue en urgence ! J'étais à la limite de la paralysie, je n'avais plus de plaquette, donc à la moindre blessure je perdais énormément de sang, je n'avais donc plus beaucoup de sang et j'avais très très peu (pour ne pas dire plus) de globules blancs !
J'étais donc en aplasie totale ! Mes visiteurs, médecins, infirmières, aides-soignantes devaient mettre des protèges chaussures, une blouse, des gants, un protège cheveux, un masque et devaient se laver les mains en entrant et en sortant !
Ludovic a vraiment été super, il n'a pas hésité une seule seconde à me mettre le matelas à eau (le seul du secteur !) car rien que le fait d'être assise ou couchée, j'hurlais de douleurs (c'est une expression, je n'ai jamais hurlé !). J'avais tellement peu de rouges qu'il m'a transfusé 2 poches, mais il ne pensait pas que j'avais quasiment plus de plaquettes non plus, alors les poches sont vite parties !
On m'a donc transfusée à nouveau. En tout, j'ai dû avoir 6 poches de rouges et 3 de plaquettes ! L'inconvénient qu'il y a eu, c'est que je supporte très mal le sang des autres, alors à chaque poche j'ai fait un malaise !
Les docteurs se sont donc également occupés de mes blancs, énorme problème étant donnée que je n'en avais plus que 25 (sur environ 6 000 pour un ado en bonne santé). Ils m'ont injecté des anti-corps, mais, l'inconvénient, encore une fois, c'est que je ne les ai pas supportés, j'avais chaud, puis froid, j'avais des plaques rouges un peu partout sur le corps, des boutons et je faisais un malaise ! Ils m'on donc injecté une autre sorte d'anti-corps, la plus coûteuse et la plus rare, car celle-ci, presque tout le monde la supporte. Malheureusement, je ne fais pas partie de ceux là, encore une fois !
Mes deux docteurs, Mansui et Schmitt, sont donc venus me voir dans ma chambre, ils se sont assis près de moi et m'ont dit que ma moelle osseuse ne produisait plus de globules blancs ou à très faible quantité, que je faisais des allergies plus ou moins à tout et qu'il était donc très difficile de me soigner. Ils faisaient une tête d'enterrement, me parlaient tout calmement, pour que je comprenne bien chaque mot, et chaque signification.
Avec un pied dans la tombe, je me prépara psychologiquement à la mort..
Au bout de 9 jours d'aplasie : Les médecins sont venus me voir, le sourire aux lèvres -première fois depuis mon arrivée aux urgences- et m'ont annoncés que je venais de remonter légèrement en globules blancs ! Ils n'y croyaient plus et pourtant, je venais d'y arriver !
Le lendemain, j'avais encore remonté, on ne sait comment ! Papa et Vivien ont donc eu le droit d'enlever leurs protections. Faut pas le dire, parce que j'avais pas le droit, mais j'ai laissé Vivien m'embrasser ! Je pouvais pas le laisser comme ça franchement !
Le lendemain, 11ème jour d'hospitalisation, je suis enfin sortie.. !