Mon docteur Mansui m'avait, bien évidemment, prévenue à l'avance que la perte des cheveux n'allait pas tarder après le commencement de la chimiothérapie. Il m'a également conseillé de me couper préalablement les cheveux pour ne pas, qu'en plus de la maladie, je subisse un traumatisme !
Quelques jours plus tard donc, mon premier rendez-vous chez le coiffeur (oui c'est étonnant mais je n'y étais jamais allée !). Là, maman demande à la coiffeuse de me faire une natte pour pouvoir la garder. Mais.. je ne vous dis pas le mal ressenti lorsque le ciseau est passé dans mes cheveux.. c'était horrible..
Deux / trois jours plus tard, je m'y étais fait à ma nouvelle coupe de cheveux, mais.. ce n'étais déjà plus tout à fait moi.. Ainsi les jours passèrent..
Jusqu'à un matin, le matin.. le fameux matin où, sur ma taie d'oreiller, étaient des milliers de cheveux, le matin où je dû prendre mon courage à deux mains pour les ôter de mon lit, le matin où quand je me suis regardée dans le miroir, je me suis dit, "ça y est Perrine, le cauchemar commence.." Mais je n'avais pas le choix, je devais rapidement l'accepter et ne pas focaliser dessus. Ce que je fis ! Car dans les jours suivants, pour accélérer la perte, je passais volontairement, sans cesse, la main dans les cheveux et les prenais par poignées ! A la fin, ça m'amusait !
Jusqu'au jour où je n'en avais plus du tout.. alors là, le choc.. je me suis regardée dans la glace.. ce n'était plus moi, la fille aux longs cheveux blonds ondulés, ce n'était plus moi..
J'ai mis beaucoup de temps à pouvoir me regarder dans le miroir sans pleurer ou m'effrayer.. Mais, grâce au courage, à la volonté, à l'amour et à l'humour de Vivien, je me suis enfin acceptée.. En effet, pour m'enlever ce "traumatisme" il a eu l'intelligence -si je puis dire ainsi !- de me dessiner une seconde paire de yeux sur le derrière du crâne et il m'a également pris en photo avec le béret militaire, et.. étrangement, ça m'allait super bien !! Une nouvelle étape venait d'être surmontée..
